Collectif Bois 07
Un circuit court écologiquement responsable et socialement solidaire

Le Collectif Bois 07 est une association qui cherche à structurer la filière bois d’oeuvre en Ardèche, depuis la gestion de la forêt jusqu’à la pose de charpente ou la vente de bois de construction. Son rôle est de faire appel à des prestataires pour chacune des étapes de la filière, dans le respect des valeurs incarnées par le Collectif. L’organisation propose “du bois local issu de la gestion douce avec une vigilance éthique forte où forêts et humains sont au cœur des préoccupations”. Local, économie sociale et solidaire et écologie sont les maîtres mots du Collectif. En parallèle de son activité productive, l’organisation propose un volet sensibilisation et formation. La gouvernance repose sur un noyau de bénévole où une personne représente une voie.

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Le Collectif tire ses origines de l’aval de la filière, en 2012. Des charpentiers et des menuisiers ardéchois ont été les précurseurs de l’association avant qu’elle ne s’étende à l’ensemble de la chaîne de production. Principalement soutenu par un noyau dur de bénévoles comprenant 3 administrateurs, le Collectif est organisé depuis ses débuts autour d’une gouvernance collégiale. Il aura fallu trois ans pour stabiliser une équipe de prestataires et aujourd’hui le Collectif est intégré dans l’agenda des acteurs de la filière. 

Le douglas, le pin maritime et prochainement le châtaignier sont les essences travaillées par le Collectif. Le bois est certifié PEFC.

Pour être tenu au courant des actualités du Collectif, rendez-vous sur leur site internet :

https://collectifbois07.wordpress.com/

Gestion forestière

“J’accompagne la forêt.” Vincent Garraud, expert forestier Pro Silva

Même si à l’origine le Collectif a été fondé par des charpentiers, la gestion des forêts est devenue une partie intégrante de leur rôle, dans un souci de qualité des bois, d’intégration de la filière et de protection de la ressource forestière locale. Ils font notamment appel à Pro Silva pour expertiser les forêts des propriétaires, qui propose une gestion irrégulière, continue et proche de la nature.“ 

Vincent Garraud est expert forestier indépendant. Il travaille sur un rayon de 150 km autour d’Aubenas, sur des propriétés de 3 à 900 ha. Avant l’abattage, son rôle est de sélectionner les arbres pour assurer une gestion responsable de la coupe. Avec Vincent Garraud, il n’y aura jamais de coupe rase mais plutôt un accompagnement des processus naturels des écosystèmes forestiers. Tous les 5 ans, l’expert forestier marque les arbres prêt à être abattu en prenant garde d’assurer la régénération naturelle de la forêt. Cette gestion permet un revenu régulier dans le temps des propriétaires et évite les impacts écologiques des coupes rases (érosion des sols, de la biodiversité par la destruction des habitats, …).

Le mode de gestion proposé par Vincent Garraud est parfaitement en accord avec les valeurs du Collectif. Par ailleurs, la gestion douce de la forêt se démocratise de plus en plus, grâce à une sensibilisation des propriétaires, des consommateurs mais aussi des gestionnaires de forêt. 

Bien que l’intervention de Vincent Garraud pour le Collectif ne représente que 3% des volumes qu’il traite annuellement, il s’agit d’un client privilégié pour sa dimension sociale et solidaire, valeurs chères pour l’expert forestier.

La gestion que propose Vincent Garraud suppose une collaboration avec le propriétaire sur de longues périodes. Ce dernier doit aussi accepter d’avoir un revenu moindre mais plus régulier alors qu’une coupe rase apporte, en une intervention, un important revenu. 

Sciage

“La relation avec le Collectif, ça s’est fait naturellement. Ce sont eux qui sont venus me chercher pour scier du bois.”  Denis Picca, scieur mobile

Le Collectif fonctionne avec deux scieurs mobiles : Denis Picca et la communauté autosuffisante de Longomaï. Selon la demande, les scieurs font du débit sur liste ou standard. La proximité avec les prestataires permet une bonne adaptabilité à la demande en aval de la filière et l’anticipation des chantiers à venir.

Denis Picca est basé en Ardèche. Dès la création de son activité, sa volonté a été de se placer sur le marché artisanal. Ce sont la proximité avec ses clients et le faible investissement qui l’ont motivé dans cette voie. Il se déplace dans un rayon de 1h30 autour de chez lui pour scier directement chez ses clients. Avec le collectif, il scie 200 m³ par an sous son hangar, chez lui, soit la moitié du volume transformé par le Collectif.

La relation entre Denis Picca et le Collectif Bois 07 est solide et régulière. Le scieur réserve chaque année une disponibilité pour le Collectif, en échange de quoi l’association s’engage à lui demander des prestations.

“C’est intéressant de travailler avec le Collectif d’un point de vue humain : ça passe bien, on s’entend bien.”  Denis Picca

Denis Picca travaille déjà à son maximum. Il ne veut pas augmenter ses volumes sciés pour le Collectif pour conserver son indépendance et une clientèle diversifiée. 

“Tant mieux pour eux si le Collectif se développe mais pour moi ça risque de faire trop de travail”. Denis Picca 

SI le Collectif veut augmenter ses volumes de production, il faudra renforcer le partenariat avec Longomaï ou trouver un nouveau scieur dans la région. 

Construction et vente

Le Collectif vend son bois en magasin (l’Art d’Eco Bâtir), sur commande, ou à De Pierre et De Bois, une entreprise en construction d’habitat. Les clients accèdent ainsi à des produits de qualité, locaux, respectueux de l’environnement et respectant des valeurs sociales.

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De Pierre et De Bois comprend deux gérants et trois salariés. Nicolas Duffourg, cogérant de l’entreprise fut fondateur et premier président du Collectif. L’entreprise se fournit donc naturellement à 98 % auprès du Collectif, à raison de 250 mpar an. 

De Pierre et De Bois échange régulièrement avec le scieur, Denis Picca, une communication gage de qualité et d’adaptabilité. 

Le lien avec le Collectif donne à l’entreprise une dimension sociale et les clients sont sensibilisés à la provenance du bois de leur maison.

Nicolas Duffourg a quitté l’association l’an passé, car cette activité bénévole devenait trop prenante en temps et en énergie. Il reste cependant informé de près de l’évolution du Collectif. 

De Pierre et de Bois est le seul charpentier qui commande son bois au Collectif, ce qui limite les volumes de bois pouvant être écoulés.

Sensibilisations et formations

“Au sens large, on fait du militantisme à la soft.” Richard Ladet   

En plus de son activité de production, le Collectif propose des journées de sensibilisation : les cafés forêts. Ces rencontres prennent place au sein même des pinèdes et visent à diffuser au grand publique les enjeux auxquelles fait face la filière bois dans son ensemble. Des formations payantes sont également dispensées par des professionnels destinées aux acteurs du bois. Des enseignements sur la sylviculture douce et les techniques de transformations de l’arbre à la poutre sont dispensés.

En plus d’être membre du conseil d’administration, Richard Ladet anime les cafés forêts. On fait aussi appel à lui lors d’événements ou de salon autour du bois. 

En concertation avec les autres bénévoles, il choisit les orientations à donner aux formations avant de faire appel à un professionnel pour dispenser les cours. 

Ces rencontres sont créatrices de sens et dynamisent l’engouement pour la ressource bois locale. Elles permettent aussi de (re)former les professionnels de la filière et d’accueillir de nouveaux acteurs sensible aux valeurs du Collectif.

Douze formations ont été dispensé en 2017. C’est une réussite pour le Collectif et l’ambition est de continuer le développement de cette activité. 

Les cafés forêts restent très confidentiels et s’adresse souvent à un public déjà sensibilisé par le travail du Collectif. 

L’organisation des rencontres, en plus de l’activité de production et de vente, demande beaucoup de temps aux bénévoles. Avant 2018, le Collectif embauchait deux salariés pour organiser ces deux activités. Mais le manque de moyen et l’arrêt des subventions n’a pas permis de conserver ces postes. 

Organisation et gouvernance

Mettre en place une filière c’est compliqué sur plusieurs niveaux, à la fois technique et humain, ça demande une continuité.” Richard Ladet

Les orientations du Collectif sont délibérées de façon collégiale entre les 6 bénévoles où chaque personne représente une voix. Les fonctions ne sont pas attitrées : les rôles sont interchangeables entre les membres. 

Richard Ladet est bénévole et membre permanent du conseil d’administration depuis l’origine du projet en 2012. Il participe aux prises de décision, à l’organisation des café forêts et mène en parallèle une activité militante avec SOS forêt. Sa détermination à porter les valeurs qu’il défend l’amène à être très actif au sein du Collectif. 

Ce type d’organisation permet d’apporter un vrai travail de réflexion sur le sens à donner aux actes du Collectif. Elle permet aussi aux membres d’être pleinement impliqué dans l’organisation, où chacun peut apporter ses idées et sa créativité. 

“Un débat ça prend du temps, et ça c’est une difficulté de la gouvernance.” Richard Ladet

En contre partie, l’organisation collégiale demande beaucoup de temps aux bénévoles et ralentie le développement de l’association. D’autant plus que les membres ne sont à l’origine pas des professionnels du bois et qu’ils ne vivent pas de cette activité. 

Même si le Collectif a un statut associatif, l’organisation fait face à la complexité d’une structure à vocation commerciale (clients, fournisseurs, prestataires, droit du travail, …). Ce double jeu limite la légalité des subventions vis à vis de la concurrence. 

  • Le Collectif a pour volonté d’assurer à la fois une activité productive et une activité militante, avec formations et sensibilisation.
  • L’association est gérée selon une organisation collégiale, chacun des postes étant interchangeable, et chacune des voix ayant le même poids.
  • Soutenant les valeurs d’une économie sociale et solidaire, le Collectif réparti la valeur ajoutée au plus juste entre les acteurs de la filière.
  • Dans un souci écologique, le Collectif assure une gestion douce de la forêt. 
  • L’association permet un contrôle de la filière d’amont en aval, à l’échelle territoriale.
  • Le Collectif doit créer de la trésorerie pour devenir indépendant. 
  • La clientèle et la politique de prix ne sont pas fixées : s’adresser à un publique alternatif ou au grand publique ? 
  • Trouver un statut juridique plus approprié ? Le statut d’association et l’activité productive sur un marché concurrentielle limite la légalité des subventions.
  • Parvenir à financer deux CDI, pour la production et pour l’animation.

Au sein du Collectif, il y a une volonté forte de répartir justement la valeur ajoutée au sein de la filière.

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